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Le retrait d’un enfant comme porte d’entrée vers des adversités supplémentaires : récits de mères biologiques sur les conséquences collatérales immédiates et durables du retrait d’enfant

  • Apr 12
  • 2 min read

Déc. 2019


Résumé

Cet article se concentre sur les conséquences immédiates et durables du retrait d’enfant, du point de vue des mères biologiques. Il s’appuie sur les travaux théoriques antérieurs des auteurs concernant les conséquences collatérales du retrait d’enfant et la vulnérabilité des femmes à des comparutions répétées devant les tribunaux familiaux.


Les données proviennent d’entretiens qualitatifs approfondis menés auprès de 72 mères biologiques dans sept territoires administratifs locaux, et sont ici réexaminées afin de permettre une analyse ciblée des effets à court et à long terme du retrait d’enfant. L’analyse s’inspire de la phénoménologie, notamment de son intérêt pour les récits collectifs d’expérience et pour la production de généralisations modérées.


Toutes les femmes participant à l’étude avaient connu des retraits répétés de leurs enfants par les tribunaux familiaux, ou étaient impliquées dans des procédures de protection de l’enfance concernant un enfant à naître après avoir déjà perdu un enfant. Les mères décrivent une crise psychosociale immédiate à la suite du retrait, mais aussi le caractère cumulatif et durable des difficultés rencontrées.


À partir de leurs récits, les auteurs mettent en évidence l’ampleur du défi de reconstruction pour des femmes marquées par des trajectoires prolongées de désavantage social et disposant de statuts sociaux fragiles et limités. La perte de rôle et les conséquences d’exclusion liées au retrait d’enfant apparaissent particulièrement marquées, en raison de l’accès restreint des femmes aux ressources de protection.


Une série claire de recommandations à destination des services est proposée dans la discussion finale. L’ampleur des difficultés rencontrées par ces femmes doit être reconnue par les dispositifs visant la reconstruction, afin de réduire le risque de procédures répétées devant les tribunaux familiaux.



CITER

Broadhurst, K., & Mason, C. (2020). Child removal as the gateway to further adversity: Birth mother accounts of the immediate and enduring collateral consequences of child removal. Qualitative Social Work, 19(1), 15-37. https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/1473325019893412


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KEY FINDINGS

Le placement familial traditionnel à long terme ne semble pas améliorer les chances de vie des enfants maltraités (Brännström et al. 2020).

La perte de la garde d’un enfant au profit des services de protection de l’enfance est associée à une santé mentale maternelle significativement plus dégradée que celle observée après le décès d’un enfant (Wall-Wieler, 2018).

Le placement hors du domicile a aggravé l’état de santé des enfants ainsi que leurs trajectoires dans le système judiciaire (Brownell et al., 2024).

Le placement hors du domicile durant l’enfance est associé à un doublement du risque de maladie coronarienne et d’accident vasculaire cérébral entre 18 et 48 ans (Hjern et al., 2024).

Les mères dont un enfant a été placé par les services de protection de l’enfance présentent des taux de mortalité plus élevés que ceux observés chez leurs sœurs biologiques n’ayant pas connu un tel placement (Wall-Wieler et al. 2018).

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