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Mortalité à dix ans chez les femmes devenues mères pour la première fois et impliquées dans une procédure judiciaire de protection de l’enfance en Angleterre : étude de cohorte fondée sur le couplage

  • 3 days ago
  • 2 min read

Résumé

Contexte

Les procédures judiciaires de protection de l’enfance visent à retirer de la garde parentale les enfants exposés à un risque de préjudice. On dispose toutefois de peu de données sur la santé des mères concernées par ces procédures. Nous avons évalué la mortalité maternelle et les causes de décès au cours des dix années suivant une première naissance, en comparant les femmes devenues mères pour la première fois selon qu’elles avaient ou non été impliquées dans une procédure de protection.


Méthodes

À partir de données administratives couplées provenant des hôpitaux et des tribunaux de la famille, nous avons suivi pendant une durée maximale de dix ans une cohorte couvrant l’ensemble des femmes devenues mères pour la première fois entre 2007 et 2017. Nous avons calculé les taux de mortalité des mères avec et sans procédure de protection. Nous avons également examiné la proportion de décès potentiellement évitables — suicide, homicide, consommation de drogues ou d’alcool, traumatismes — et identifié les facteurs associés au décès après l’ouverture d’une procédure.


Résultats

Parmi les 2 775 835 femmes devenues mères pour la première fois, représentant 21 856 503 personnes-années de suivi, 28 405 (1,0 %) ont été concernées par une procédure de protection. Après cette procédure, 314 d’entre elles (1,1 %) sont décédées, contre 5 103 (0,2 %) parmi les mères non concernées. Le rapport de mortalité standardisé sur l’âge était de 21,0 (IC à 95 % : 14,3–27,7). Il était le plus faible chez les mères âgées de moins de 20 ans lors de leur première naissance (4,5 ; IC à 95 % : 3,5–5,9) et le plus élevé chez celles âgées de 30 à 34 ans (28,3 ; IC à 95 % : 21,3–37,5). Parmi les mères décédées après une procédure, 73 % des décès étaient potentiellement évitables, contre 28 % parmi celles n’ayant pas fait l’objet d’une procédure. Les facteurs associés au décès comprenaient un âge maternel plus avancé au moment de la procédure, la présence de problèmes de santé et les décisions judiciaires relatives au retrait de l’enfant.


Conclusion

Les femmes devenues mères pour la première fois et impliquées dans une procédure de protection de l’enfance présentaient, au cours des dix années suivantes, un risque de décès 21 fois supérieur à celui des mères du même âge non concernées. Les services de santé, les services sociaux et les tribunaux de la famille doivent prendre en charge l’extrême vulnérabilité sanitaire de ces mères avant, pendant et après la procédure.


CITER

Ireland, G., De Stavola, B., Gilbert, R., & Jay, M. A. (2026). 10-year mortality among first-time mothers involved in family court care proceedings in England: Cohort study using linked administrative hospital, mortality and family court records. Journal of Epidemiology & Community Health. Advance online publication. https://doi.org/10.1136/jech-2026-225930

Comments


 

KEY FINDINGS

La perte de la garde d’un enfant au profit des services de protection de l’enfance est associée à une santé mentale maternelle significativement plus dégradée que celle observée après le décès d’un enfant (Wall-Wieler, 2018).

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Le placement hors du domicile a aggravé l’état de santé des enfants ainsi que leurs trajectoires dans le système judiciaire (Brownell et al., 2024).

Le placement hors du domicile durant l’enfance est associé à un doublement du risque de maladie coronarienne et d’accident vasculaire cérébral entre 18 et 48 ans (Hjern et al., 2024).

Les mères dont un enfant a été placé par les services de protection de l’enfance présentent des taux de mortalité plus élevés que ceux observés chez leurs sœurs biologiques n’ayant pas connu un tel placement (Wall-Wieler et al. 2018).

Les résultats d’analyses de régression multiniveaux portant sur un large éventail d’indicateurs scolaires, sociaux et sanitaires à l’âge adulte — regroupés en seize catégories de résultats — concordent avec plusieurs études antérieures : le placement familial traditionnel de longue durée ne semble pas améliorer les perspectives de vie des enfants ayant subi des maltraitances (Brännström, Vinnerljung, and Hjern, 2020)

Chez les enfants ayant vécu en institution, les études rapportent notamment des volumes réduits de substance grise et blanche, une altération de l’intégrité de la substance blanche, ainsi que des différences dans l’activité électrique cérébrale et dans les circuits impliqués dans le traitement des émotions et de la menace (Oliveira, 2024).

Les femmes devenues mères pour la première fois et impliquées dans une procédure de protection de l’enfance présentaient, au cours des dix années suivantes, un risque de décès 21 fois supérieur à celui des mères du même âge non concernées (Ireland et al., 2026).

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