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  • LES PÈRES FACE AU PLACEMENT DES ENFANTS : UN ANGLE MORT ÉPIDÉMIOLOGIQUE

    Liviu Poenaru, PhD Mars 2026 L’état des connaissances concernant les pères dans le champ de la protection de l’enfance est marqué par un paradoxe méthodologique majeur : leur présence est reconnue dans les dispositifs, mais leur réalité empirique reste faiblement documentée. Contrairement aux mères, pour lesquelles des études de cohorte longitudinales robustes ont mis en évidence des effets marqués du placement d’un enfant sur la santé mentale et la mortalité, il n’existe pas, à ce jour, d’équivalent méthodologique centré sur les pères. Cette asymétrie ne peut être interprétée comme une absence d’effet. Autrement dit, on ne peut pas conclure que les pères ne souffrent pas du placement de leurs enfants ; on doit plutôt constater que cette souffrance est peu mesurée, peu objectivée et largement absente des dispositifs de connaissance. Sur le plan des pratiques institutionnelles, les données disponibles montrent que les pères sont structurellement moins intégrés dans les dispositifs de protection de l’enfance. Ils sont moins fréquemment identifiés, moins sollicités et moins impliqués dans les processus décisionnels. Cette marginalisation est documentée dans la littérature empirique, qui met en évidence une participation plus faible des pères et une prise en compte limitée de leur rôle parental dans les trajectoires de prise en charge (Maxwell et al., 2012 ; Bellamy, 2009 ; Brandon et al., 2019). Ce biais institutionnel contribue directement à la production d’un déficit de données : moins les pères sont suivis, moins ils sont mesurés. Du point de vue des trajectoires psychosociales, les travaux existants suggèrent que les pères impliqués dans les services de protection présentent des niveaux élevés de vulnérabilité, notamment en matière de précarité, d’instabilité résidentielle et de troubles liés à l’usage de substances (Bellamy, 2009). Toutefois, l’absence de données longitudinales empêche de distinguer clairement les effets propres du placement de ceux des conditions préexistantes. Cette indistinction entretient un biais interprétatif majeur : les difficultés observées chez les pères tendent à être attribuées à leurs caractéristiques individuelles plutôt qu’aux dynamiques systémiques dans lesquelles ils sont pris. Les études empiriques disponibles sur les pères non résidentiels d’enfants placés montrent également que leur implication est limitée et hétérogène, mais qu’elle reste un facteur structurant des trajectoires de protection et de réunification (Lee et al., 2018). Cependant, cette implication dépend fortement des modalités d’identification et d’engagement par les services, ce qui renforce l’idée que les trajectoires paternelles sont en partie co-produites par les institutions elles-mêmes. Dans ce contexte, l’absence d’indicateurs cliniques visibles ne peut être interprétée comme une absence de souffrance, mais plutôt comme le reflet d’une moindre exposition aux dispositifs de soin, d’évaluation et de reconnaissance. Dans cette perspective, la question « les pères ne souffrent-ils pas du placement ? » doit être reformulée. Le problème n’est pas l’absence de souffrance, mais l’absence de sa mesure. L’état actuel de la littérature empêche de quantifier précisément les effets du placement sur les pères, mais met en évidence un angle mort épistémique majeur. Cette lacune limite la compréhension des effets systémiques de la séparation et entrave le développement d’interventions adaptées. Pour des initiatives comme OSSIPE, cela implique de formuler explicitement cette absence de données comme un objet de recherche prioritaire, en intégrant les pères dans les modèles épidémiologiques et cliniques afin de rendre visible ce qui demeure aujourd’hui largement non observé. Références Bellamy J. L. (2009). A national study of male involvement among families in contact with the child welfare system. Child maltreatment , 14 (3), 255–262. https://doi.org/10.1177/1077559508326288 Brandon, M., Philip, G., & Clifton, J. (2019). Men as Fathers in Child Protection. Australian Social Work , 72 (4), 447–460. https://doi.org/10.1080/0312407X.2019.1627469 Lee Y, Fagan JS, Icard LD. Nonresidential fathers with children in foster care: A descriptive study in the United States. Child & Family Social Work. 2018;23:146–154. https://doi.org/10.1111/cfs.12393 Maxwell, N., Scourfield, J., Featherstone, B., Holland, S., & Tolman, R. (2012). Engaging fathers in child welfare services: A narrative review of recent research evidence. Child & Family Social Work, 17 (2), 160–169. https://doi.org/10.1111/j.1365-2206.2012.00827.x

  • Santé maternelle et trajectoires sociales après le placement d’un enfant : étude de cohorte longitudinale en population générale fondée sur des données administratives appariées.

    Elizabeth Wall-Wiele r,   Leslie L Roos ,  James Bolton ,  Marni Brownell ,  Nathan C Nickel ,  Dan Chateau Résumé Contexte :  Nous avons examiné si les mères présentent des modifications de leur état de santé et de leur situation sociale après le placement de leur enfant par les services de protection de l’enfance, puis comparé ces résultats à ceux observés chez des mères dont les enfants n’ont pas été placés. Méthodes :  La cohorte comprend des mères dont le premier enfant est né au Manitoba entre le 1er avril 1998 et le 31 mars 2011. Les mères dont les enfants ont été placés après l’âge de 2 ans (n = 1 591) ont été comparées à un groupe apparié de femmes dont les enfants n’ont pas été placés (n = 1 591). Résultats :  Les taux de diagnostics de troubles mentaux, de recours aux traitements et de facteurs sociaux étaient significativement plus élevés chez les mères dont les enfants ont été placés, tant dans les deux années précédant que dans les deux années suivant la date index. Ces taux relatifs ajustés (ARR) augmentaient significativement pour l’anxiété (avant ARR = 2,71 ; après ARR = 3,55), les troubles liés à l’usage de substances (3,77–5,95), les consultations médicales pour troubles mentaux (2,83–3,66), le nombre de prescriptions (psychotropes : 4,35–5,86 ; global : 2,34–2,94), le nombre de prescriptions différentes (psychotropes : 2,70–3,27 ; global : 1,62–1,70), la mobilité résidentielle (1,40–1,63) et le recours à l’aide sociale (2,07–2,30). Conclusion :  L’état de santé et la situation sociale des mères impliquées dans les services de protection de l’enfance se détériorent après le placement de leur enfant. Les mères bénéficieraient de soutiens durant cette période afin d’éviter que les conséquences de cette perte ne constituent un obstacle supplémentaire à la réunification. Keywords: cohort studies; health inequalities; maternal health; mental health. CITER Wall-Wieler, E., Roos, L. L., Bolton, J., Brownell, M., Nickel, N. C., & Chateau, D. (2017). Maternal health and social outcomes after having a child taken into care: population-based longitudinal cohort study using linkable administrative data. Journal of epidemiology and community health , 71 (12), 1145–1151. https://doi.org/10.1136/jech-2017-209542 Link : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28983064/

  • Mères marginalisées : rehausser la visibilité des femmes vulnérables à des placements successifs et contraints de leurs enfants – un plaidoyer pour une action préventive.

    Broadhurst K, Mason C. Cet article réexamine les données de recherche relatives à la nature complexe de la perte et du deuil chez les femmes dont les enfants sont placés ou adoptés de manière permanente. Nous examinons en détail les limites du soutien post-procédure / post-adoption destiné aux parents biologiques, ainsi que la manière dont les discours normatifs sur la maternité peuvent contribuer à marginaliser cette population dans les arènes politiques. En conceptualisant les mères invisibilisées comme des « parias de l’aide sociale » qui, comme l’ont décrit Schofield et ses collègues (2011), portent le stigmate d’une identité dévalorisée, nous analysons les raisons pour lesquelles ces femmes hautement vulnérables suscitent si peu d’attention dans les débats politiques dominants. Les approches d’évaluation prénatale sont discutées, et nous soutenons qu’une approche tronquée de collecte de données, débutant tard dans la grossesse (26 à 30 semaines), manque une fenêtre essentielle tant pour la santé fœtale que maternelle. Cela aggrave ensuite les insuffisances des dispositifs d’accompagnement après les procédures. Une dernière section plaide pour l’élaboration d’un protocole post-procédure à destination des parents, qui soit réellement adapté à leurs besoins tels qu’identifiés lors des évaluations spécialisées menées dans le cadre des procédures de protection. Nous soutenons ici que seule une revalorisation de la visibilité de ce groupe permettra de rompre le cycle des grossesses répétées suivies de placements. Si la nécessité d’agir face à ces répétitions s’impose déjà pour des raisons humanitaires, nous mettons également en évidence les coûts économiques de ce cycle afin d’étayer notre argumentation. Enfin, nous examinons un ensemble d’initiatives récentes, en soulignant les évolutions positives, tout en formulant une mise en garde : en l’absence de leadership de la part des décideurs publics, des interventions hautement discutables ont également commencé à se développer. (p. 4) LIRE PLUS Broadhurst K, Mason C. Maternal outcasts: raising the profile of women who are vulnerable to successive, compulsory removals of their children – a plea for preventative action. J Soc Welf Fam Law. 2013;35(3):291–304. doi:10.1080/09649069.2013.805061 Lien: https://www.researchgate.net/publication/263523564_Maternal_outcasts_Raising_the_profile_of_women_who_are_vulnerable_to_successive_compulsory_removals_of_their_children_-_a_plea_for_preventative_action

  • MORTALITÉ CHEZ LES MÈRES DONT LES ENFANTS ONT ÉTÉ PLACÉS PAR LES SERVICES DE PROTECTION DE L’ENFANCE : UNE ANALYSE DE FRATRIES DISCORDANTES

    Elizabeth Wall-Wieler, Leslie L Roos, Nathan C Nickel, Dan Chateau, Marni Brownell Résumé Cette étude examine si les mères dont un enfant a été placé par les services de protection de l’enfance présentent des taux de mortalité plus élevés que ceux observés chez leurs sœurs biologiques n’ayant pas connu un tel placement. Nous avons mené une étude de cohorte rétrospective à partir de données administratives appariables portant sur 3 948 mères dont l’aîné est né au Manitoba, Canada, entre le 1er avril 1992 et le 31 mars 2015. Ces mères provenaient de 1 974 familles dans lesquelles une sœur avait eu un enfant placé et une autre non. Nous avons calculé les différences de taux et les rapports de risque (hazard ratios) pour la mortalité toutes causes confondues, évitable et non évitable. On observe 24 décès supplémentaires pour 10 000 personnes-années chez les mères ayant eu un enfant placé. Ces mères présentent des taux de mortalité plus élevés dus à des causes évitables (rapport de risque = 3,46 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,41–8,48) ainsi qu’à des causes non évitables (rapport de risque = 2,92 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,01–8,44). Le nombre d’enfants placés n’influence pas les taux de mortalité chez les mères ayant au moins un enfant placé. Ces taux de mortalité plus élevés — en particulier la mortalité évitable — chez les mères concernées indiquent la nécessité de mettre en place des interventions plus spécifiques à leur intention. LIEN https://academic.oup.com/aje/article-abstract/187/6/1182/4956003 CITER Elizabeth Wall-Wieler, Leslie L Roos, Nathan C Nickel, Dan Chateau, Marni Brownell, Mortality Among Mothers Whose Children Were Taken Into Care by Child Protection Services: A Discordant Sibling Analysis, American Journal of Epidemiology , Volume 187, Issue 6, June 2018, Pages 1182–1188, https://doi.org/10.1093/aje/kwy062

  • Charte mondiale sur la réforme de la prise en charge des enfants

    Updated 20 October 2025 Le contexte mondial La Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant reconnaît que les enfants « doivent grandir dans un milieu familial, dans un climat de bonheur, d’amour et de compréhension ». Des familles solides et bienveillantes sont essentielles au développement sain de l’enfant. Partout dans le monde, les familles sont confrontées à un stress et à des traumatismes en forte augmentation, liés au changement climatique et aux catastrophes humanitaires, à la pauvreté, à l’insécurité alimentaire, aux conflits, aux maladies, ainsi qu’à un accès insuffisant à des services éducatifs, sanitaires et sociaux de qualité et inclusifs. Ces défis peuvent entraîner des séparations familiales, accroître la vulnérabilité à l’exploitation et exposer davantage les enfants à la violence et aux dangers au sein même de leur foyer et de leur communauté. Les données issues de la recherche ainsi que les témoignages de personnes ayant vécu des situations de prise en charge alternative montrent que les enfants grandissant sans prise en charge familiale font face à de graves difficultés, notamment des troubles du développement physique, social et cognitif, ainsi qu’un risque accru de violence et d’exploitation. Ces effets ont des conséquences durables, souvent intergénérationnelles. Des millions d’enfants vivent encore dans des institutions [note de bas de page 1], qui nuisent à leur développement. On estime que plus de 80 % des enfants placés dans ces structures ont au moins un parent vivant [note de bas de page 2], et que la plupart disposent d’une famille élargie susceptible de les accueillir avec un soutien adéquat. Nombre de ces institutions sont financées chaque année par des milliards de dollars provenant de dons souvent bien intentionnés, du tourisme et du volontariat. LIRE PLUS https://www.gov.uk/government/publications/global-charter-on-childrens-care-reform/global-charter-on-childrens-care-reform

  • LE CONTACT PARENTS-ENFANTS

    EXTRAIT DE L'ARTICLE: More Contact with Biological Parents Predicts Shorter Length of Time in Out of Home Care and Mental Health of Youth in the Child Welfare System Lenore M McWey , Ming Cui Pour les jeunes placés hors du domicile familial, le maintien du contact parent–enfant contribue à préserver les liens familiaux et à favoriser la réunification (Mallon & Leashore, 2002 ; McWey & Mullis, 2004). Une recherche menée sur le système de placement familial en Californie a montré que, comparativement aux jeunes restés en placement, ceux ayant eu des contacts avec leurs parents biologiques aux niveaux « recommandés » par les tribunaux étaient plus souvent réunifiés avec leur famille (Davis et al., 1996). Une autre étude portant sur des adolescents précoces placés en milieu urbain aux États-Unis a révélé que 50 % d’entre eux avaient eu au moins un contact avec leur mère au cours du mois précédent, tandis qu’une proportion bien plus faible (16 %) avait eu un contact avec leur père (Leathers, 2003). Certaines caractéristiques propres à l’enfant sont également associées à la fréquence des contacts. Par exemple, une étude menée auprès de jeunes enfants a montré que l’âge de l’enfant et le type de maltraitance prédisaient la fréquence des contacts (Nesmith, 2013). Plus précisément, les enfants âgés de 1 à 5 ans avaient moins de contacts réguliers avec leurs parents que les nourrissons et les enfants plus âgés, et les jeunes ayant subi de la négligence avaient des contacts moins fréquents que ceux ayant vécu d’autres formes de maltraitance (Nesmith, 2013). Une autre étude a montré que les enfants issus de minorités ethniques avaient des contacts parentaux moins fréquents que les enfants blancs (Davis et al., 1996). Il convient toutefois de noter que la majorité des recherches dans ce domaine sont anciennes et antérieures aux récentes évolutions des politiques américaines. Les recherches transversales soutiennent l’existence d’un lien entre une fréquence plus élevée de contacts avec les parents biologiques et de meilleurs résultats en matière de santé mentale chez les jeunes (Cantos et al., 1997 ; McWey & Cui, 2018). Dans un échantillon de 68 jeunes du système de placement familial de New York, les chercheurs ont constaté qu’une fréquence plus élevée de contacts avec les parents biologiques était associée à une diminution des problèmes internalisés et externalisés, mesurés à l’aide de la Child Behavior Checklist (Achenbach, 1991). De manière similaire, une autre étude a montré des niveaux significativement plus faibles de problèmes internalisés, externalisés et globaux chez les jeunes ayant des contacts fréquents avec leur mère, comparativement à ceux n’ayant aucun contact parental (McWey & Cui, 2018). Toutefois, ces études n’étant pas longitudinales, il n’est pas possible de déterminer si ces effets se maintiennent dans le temps. Soulignant l’importance des liens familiaux pour le bien-être de l’enfant, les politiques nationales imposent, lorsque cela est possible, le maintien de contacts entre les jeunes placés et leurs parents biologiques (par exemple : Family First Prevention Services Act , H.R. 1892 ; Adoption and Child Welfare Act , P.L. 96–272 ; Fostering Connections to Success Act , P.L. 110–351). Cela est d’autant plus crucial que la réunification familiale constitue l’objectif principal de permanence pour la majorité des jeunes placés aux États-Unis (U.S. Department of Health and Human Services, 2014). Cependant, les États disposent d’une certaine flexibilité dans l’application de ces politiques. Les recherches suggèrent qu’en l’absence de directives claires, les travailleurs sociaux doivent s’appuyer sur leur propre jugement pour définir les modalités de contact familial dans les plans d’intervention (Hess, 2003 ; Nesmith, 2013). De plus, malgré les données empiriques indiquant les bénéfices du maintien des relations, les contacts avec les parents biologiques sont souvent considérés comme une priorité secondaire par les professionnels (Nesmith, 2013). Cela peut s’expliquer en partie par des divergences d’interprétation quant à l’impact des visites sur la santé mentale des enfants. Certains travaux indiquent que les travailleurs sociaux et les familles d’accueil perçoivent une augmentation des troubles émotionnels et comportementaux chez les enfants après les visites parentales, et que ces visites pourraient compromettre leur adaptation à leur environnement de placement (Moyers et al., 2006 ; Leathers, 2003). LIRE PLUS : McWey LM, Cui M. More Contact with Biological Parents Predicts Shorter Length of Time in Out of Home Care and Mental Health of Youth in the Child Welfare System. Child Youth Serv Rev. 2021 Sep;128:106164. doi: 10.1016/j.childyouth.2021.106164 LINK : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8372933/#S1

  • More Contact with Biological Parents Predicts Shorter Length of Time in Out of Home Care and Mental Health of Youth in the Child Welfare System

    Lenore M McWey , Ming Cui Abstract Foster care is intended to be a temporary placement option. Viewing permanency as central to child well-being, current U.S. policies aim to limit the length of time a child spends in out-of-home foster placements. There is little recent research, however, on predictors of length of time in out-of-home care. The purposes of this study were to test if more frequent contact with biological parents predicted less time in out-of-home care, and determine if more frequent contact with biological parents was associated with better mental health outcomes using three waves of data from the National Survey on Child and Adolescent Well-Being II, a U.S. nationally representative dataset of youth involved with the child welfare system. Findings revealed that more frequent contact with biological mothers was associated with fewer cumulative days in out-of-home care. Among covariates, older child age was related to longer stays in out-of-home care, and Black youth experienced more cumulative days in out-of-home care compared to White youth. Links between frequency of contact and youth mental health outcomes also were tested, and more frequent contact with both mothers and fathers was associated with lower mental health symptoms. Being separated from siblings also was associated with more mental health problems, and compared with foster care, being in kinship care was negatively associated with mental health problems. A discussion of the findings in light of U.S. polices and best-practices is included. Keywords:  child maltreatment, child mental health, parent-child contact, permanency, visitation Link: https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8372933/ CITE McWey LM, Cui M. More Contact with Biological Parents Predicts Shorter Length of Time in Out of Home Care and Mental Health of Youth in the Child Welfare System. Child Youth Serv Rev. 2021 Sep;128:106164. doi: 10.1016/j.childyouth.2021.106164.

  • “I felt for a long time like everything beautiful in me had been taken out”: Women's suffering, remembering, and survival following the loss of child custody

    Kathleen S. Kenny, Clare Barrington , Sherri L. Green Highlights We examined the health and social impacts of custody loss on women who use drugs. Forms of violence and power inequity give rise to custody loss and mediate impacts. Custody loss is traumatic for women, observed in signs of post-traumatic stress. Women's structural vulnerability increases following separation from children. Interventions are required that support mothers in aftermath of child custody loss. Abstract Background Child Protective Services’ (CPS) placements of children in out-of-home care disproportionately impact families marginalized by poverty, racism and criminalization. CPS’ mandate to protect children from neglect and abuse is frequently criticized as failing to address the multiple social and structural domains shaping parents’ lives, especially mothers. Methods We conducted a thematic narrative analysis of in-depth interviews to explore the impact of child custody loss on 19 women who use drugs residing in Toronto, Canada. We also assessed the potential roles of intersectional forms of violence and inequities in power that can both give rise to child custody loss and mediate its consequences. Results Trauma was identified as a key impact of separation, further exacerbated by women's cumulative trauma histories and ongoing mother–child apartness. Women described this trauma as unbearable and reported persistent symptoms of post-traumatic stress disorder and other mental health conditions. Practices of dissociation through increased use of drugs and alcohol were central in tending to the pain of separation, and were often synergistically reinforced by heightened structural vulnerability observed in increased exposure to housing instability, intimate partner violence, and initiation of injection drug use and sex work. Women's survival hinged largely on hopefulness of reuniting with children, a goal pivotal to their sense of future and day-to-day intentions toward ameliorated life circumstances. Conclusion Findings highlight needs for strategies addressing women's health and structural vulnerability following custody loss and also direct attention to altering institutional processes to support community-based alternatives to parent–child separation. Link : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0955395915001772?fbclid=IwY2xjawQqUHZleHRuA2FlbQIxMQBzcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEeXERW0LH2amkJ9v3Qw8bUXty8sVWezl9okNDO6ZLPs6_TBeYz8mwnFZnW21I_aem_7qPnl5MpBdV3RFjK7ljaWg CITE Kenny, K. S., Barrington, C., & Green, S. L. (2015). “I felt for a long time like everything beautiful in me had been taken out”: Women’s suffering, remembering, and survival following the loss of child custody. International Journal of Drug Policy, 26 (11), 1158–1166. https://doi.org/10.1016/j.drugpo.2015.05.024

  • Violences institutionnelles et défaillance systémique de la protection de l’enfance : le cas Samson et ses échos internationaux

    Aux Pays-Bas, la Commission Samson (2010-2012), mandatée par l’État, a enquêté sur les abus sexuels commis à l’encontre de mineurs placés sous la responsabilité des services de protection entre 1945 et 2010. Son rapport final de 2012, Entouré de soins, pourtant pas en sécurité, conclut à un échec systémique : des milliers d’enfants ont subi des abus dans des familles d’accueil et des foyers, tandis que les autorités ont gravement manqué à leurs obligations de surveillance et de prévention. Sur environ 800 signalements, 42 ont été transmis au parquet, illustrant à la fois l’ampleur des faits et la difficulté d’obtenir justice a posteriori. Le rapport a conduit à des excuses officielles et à des réformes des mécanismes de contrôle, tout en révélant de profonds angles morts de la protection institutionnelle de l’enfance, y compris dans un pays considéré comme progressiste. Ces exemples – et l’on pourrait également citer d’autres pays ayant conduit des enquêtes similaires, comme le Canada avec la Commission Vérité et Réconciliation sur les pensionnats autochtones (2015) ou la Nouvelle-Zélande avec la Commission royale sur les abus en institutions d’État et religieuses (lancée en 2018) – renforcent une thèse critique fondamentale : les abus en institution ne sont pas de simples « accidents » ou le fait de quelques individus déviants isolés, mais le symptôme d’une pathologie structurelle du pouvoir dans les systèmes de protection de l’enfance. Partout où des enfants sont pris en charge par une institution, il existe un risque inhérent lié à la position de vulnérabilité de l’enfant et à l’autorité de l’adulte, risque qui peut dégénérer en abus si des garde-fous stricts ne sont pas en place. Lorsque ces garde-fous font défaut – absence de contrôle indépendant, opacité, culture hiérarchique décourageant la dénonciation – alors le pire peut se produire. Les enquêtes internationales montrent aussi le caractère systémique de la négligence : il ne s’agit pas seulement d’abuseurs individuels, mais d’un enchaînement de manquements (par des travailleurs sociaux, des directeurs d’établissement, des policiers, des médecins…) qui n’ont pas pris au sérieux les signaux d’alarme, qui ont minimisé les récits des enfants ou fait passer d’autres considérations avant leur protection. Ainsi, derrière chaque grand scandale, on retrouve généralement les mêmes ingrédients : enfants fragilisés et rendus silencieux par la peur ou l’impression qu’on ne les croira pas, adultes prédateurs profitant de failles, supérieurs hiérarchiques détournant le regard, et systèmes trop bureaucratiques ou démunis pour réagir efficacement.

  • Maternal Mental Health after Custody Loss and Death of a Child: A Retrospective Cohort Study Using Linkable Administrative Data

    Elizabeth Wall-Wieler , Leslie L Roos , James Bolton , Marni Brownell , Nathan Nickel , Dan Chateau Abstract Objective: The objective was to compare mental illness diagnoses and treatment use among mothers who lost custody of their child through involvement with child protection services and those seen in mothers dealing with the death of a child. Methods: We studied mental health outcomes of a cohort of women whose first child was born in Manitoba, Canada between 1 April 1997 and 31 March 2015. Of these women, 5,792 had a child taken into care, and 1,143 mothers experienced the death of a child (<18 y old) before 31 March 2015. Adjusted relative rates (ARR) of 3 mental health diagnoses and 3 mental health treatment use outcomes between these 2 groups were examined. Results: Mothers with a child taken into care had significantly greater ARR of depression (ARR = 1.90; 95% CI, 1.82 to 1.98), anxiety (ARR = 2.51; 95% CI, 2.40 to 2.63), substance use (ARR = 8.54; 95% CI, 7.49 to 9.74), physician visits for mental illness (ARR = 3.01; 95% CI, 2.91 to 3.12), and psychotropic medication use (ARR = 4.95; 95% CI, 4.85 to 5.06) in the years after custody loss compared with mothers who experienced the death of a child. Conclusion: Losing custody of a child to child protection services is associated with significantly worse maternal mental health than experiencing the death of a child. Greater acknowledgement and supportive services should be provided to mothers experiencing the loss of a child through the involvement of child protection services. Keywords:  cohort study, epidemiology, maternal mental health, child protection services, child death, linkable administrative data Link : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5912297/ CITE Wall-Wieler E, Roos LL, Bolton J, Brownell M, Nickel N, Chateau D. Maternal Mental Health after Custody Loss and Death of a Child: A Retrospective Cohort Study Using Linkable Administrative Data. Can J Psychiatry. 2018 May;63(5):322-328. doi: 10.1177/0706743717738494.

  • Suicide Attempts and Completions among Mothers Whose Children Were Taken into Care by Child Protection Services: A Cohort Study Using Linkable Administrative Data

    Elizabeth Wall-Wieler , Leslie L. Roos, PhD , […], and Deepa Singal, Ph D Objective: The objective of this study is to examine suicide attempts and completions among mothers who had a child taken into care by child protection services (CPS). These mothers were compared with their biological sisters who did not have a child taken into care and with mothers who received services from CPS but did not have a child taken into care. Methods: A retrospective cohort of mothers whose first child was born in Manitoba, Canada, between April 1, 1992, and March 31, 2015, is used. Rates among discordant biological sisters (1872 families) were compared using fixed-effects Poisson regression models, and mothers involved with CPS (children in care [ n  = 1872] and received services [ n  = 9590]) were compared using a Poisson regression model. Results: Compared with their biological sisters and mothers who received services, the adjusted incidence rate ratio (aIRR) of death by suicide was greater among mothers whose child was taken into care by CPS (aIRR = 4.46 [95% confidence interval (CI), 1.39-14.33] and ARR = 3.45 [95% CI, 1.61-7.40], respectively). Incidence rates of suicide attempts were higher among mothers with a child taken into care compared with their sisters (aIRR = 2.15; 95% CI, 1.40-3.30) and mothers receiving services (aIRR = 2.82; 95% CI, 2.03-3.92). Conclusions: Mothers who had a child taken into care had significantly higher rates of suicide attempts and completions. When children are taken into care, physician and social workers should inquire about maternal suicidal behaviour and provide appropriate mental health. _ The impact of being placed in care of child protection services (CPS) on children has been examined extensively. These children have worse health and social outcomes than those of children in the general population. 1 – 5  Several population-based studies have also identified these children as being at higher risk for suicide and suicide attempts. 5 – 7 Less known are the outcomes of mothers whose children are placed in care by CPS. While mothers with mental illness have significantly greater involvement with CPS, women have reported that they developed mental health conditions, or their existing mental health conditions worsened, after custody loss. 8 , 9 Being a mother has been identified as being protective against suicide; however, experiencing the death of a child increases this risk, particularly if the child is young. 10  Parents who lose custody of their children have been shown to experience this situation as a ‘living death’. 11 The purpose of this study is to examine whether mothers who lost custody of their children due to involvement with CPS have higher rates of suicide attempts and completions than mothers not separated from their children. Previous observational studies investigating rates of suicide in at-risk populations have controlled for individual mental health, socioeconomic status, and various demographic variables, as these factors have been linked to suicide and suicide attempts. 12 , 13 Mothers whose children are taken into care often have very different life circumstances than mothers in the general population. To account for some of these differences, we used to comparison groups. The first comparison is between mothers who had a child taken into care and their biological sisters who did not have a child taken into care. This was done because suicide attempts and completions often cluster within families due to shared genetic and environmental factors, and family fixed-effects models of discordant siblings account for stable family characteristics. 14 – 16 The second comparison was between mothers who had a child taken into care and mothers who received services from CPS but were not separated from their child or children. This comparison was made as the instability that resulted in involvement with CPS may also contribute to differences in suicide attempts and completions. While the comparison groups are imperfect, both capture important similarities. 17 Read more : https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0706743717741058 CITE Wall-Wieler E, Roos LL, Brownell M, Nickel N, Chateau D, Singal D. Suicide Attempts and Completions among Mothers Whose Children Were Taken into Care by Child Protection Services: A Cohort Study Using Linkable Administrative Data. The Canadian Journal of Psychiatry . 2018;63(3):170-177. doi: 10.1177/0706743717741058

  • LE RETRAIT D’ENFANT : UNE FORME DE MORT SYMBOLIQUE INSTITUTIONNELLE ?

    Peut-on comprendre certaines séparations involontaires entre parents et enfants comme une forme de meurtre symbolique institutionnel, au sens où une relation fondamentale est interrompue de manière radicale tout en laissant les acteurs biologiquement en vie ? Cette question mérite d’être posée à la lumière des données scientifiques disponibles. Une étude de cohorte fondée sur des données administratives appariées montre en effet que la perte de garde à la suite d’une intervention de protection de l’enfance est associée à une santé mentale maternelle plus dégradée que celle observée après le décès d’un enfant, notamment en matière d’anxiété, de dépression, d’usage de substances ainsi que de recours aux soins psychiatriques et aux psychotropes (Wall-Wieler et al., 2018). Ce résultat révèle la nature particulière de cette expérience : contrairement au décès, qui ouvre un processus socialement reconnu de deuil, la séparation institutionnelle maintient l’enfant vivant tout en le rendant inaccessible, produisant une forme de mort symbolique prolongée et une perte permanente mais indéterminée, sans rituel de deuil ni reconnaissance sociale de la souffrance. D’autres analyses montrent par ailleurs un excès significatif de tentatives de suicide et de décès par suicide chez les mères dont un enfant a été placé, comparativement à des mères recevant des services sans retrait et même à leurs propres sœurs biologiques, dessinant un signal robuste difficilement explicable par les seuls facteurs familiaux partagés (Wall-Wieler et al., 2018). La littérature qualitative décrit ce phénomène comme une perte ambiguë et un deuil non reconnu (disenfranchised grief), dans lequel l’enfant est vivant mais la parentalité est suspendue ou fragmentée, avec des effets cumulés sur l’identité, l’estime de soi et l’intégration sociale (Philip et al., 2024). À cela s’ajoute la dimension traumatique : une méta-analyse documente des taux significatifs de symptômes de stress post-traumatique chez les parents impliqués dans des procédures de protection de l’enfance, appelant à des stratégies ciblées d’identification du trauma et d’accès aux soins (Suomi et al., 2023). Dans la pratique clinique, ces processus se traduisent fréquemment par des états de stress extrême et prolongé — dissociation, hypervigilance, effondrement anxio-dépressif, troubles du sommeil, somatisations, risque suicidaire et désinsertion sociale — qui rendent paradoxalement plus difficile l’adhésion aux exigences institutionnelles censées démontrer la « stabilité » parentale. La question du meurtre symbolique ne doit donc pas être comprise comme une accusation morale immédiate, mais comme une interrogation sociologique et clinique : lorsque des décisions institutionnelles produisent des formes de perte comparables ou plus destructrices que celles associées au décès, les systèmes publics ont l’obligation scientifique et politique d’intégrer ces effets dans l’évaluation de leurs pratiques afin d’éviter de générer, malgré eux, des boucles iatrogènes institutionnelles. Liviu Poenaru, Mars 2026 Références Wall-Wieler E, Roos LL, Bolton J, Brownell M, Nickel N, Chateau D. Maternal Mental Health after Custody Loss and Death of a Child: A Retrospective Cohort Study Using Linkable Administrative Data. Can J Psychiatry. 2018 May;63(5):322-328. doi: 10.1177/0706743717738494  https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5912297/ Wall-Wieler, E., Roos, L. L., Brownell, M., Nickel, N., Chateau, D., & Singal, D. (2018). Suicide Attempts and Completions among Mothers Whose Children Were Taken into Care by Child Protection Services: A Cohort Study Using Linkable Administrative Data. Canadian journal of psychiatry. Revue canadienne de psychiatrie, 63(3), 170–177.  https://doi.org/10.1177/0706743717741058 Philip, G., Youansamouth, L., Broadhurst, K., Clifton, J., Bedston, S., Hu, Y., & Brandon, M. (2024). ‘When they were taken it is like grieving’: Understanding and responding to the emotional impact of repeat care proceedings on fathers. Child & Family Social Work, 29(1), 185–194.  https://doi.org/10.1111/cfs.13061 Suomi, A., Bolton, A., & Pasalich, D. (2023). The Prevalence of Post-Traumatic Stress Disorder in Birth Parents in Child Protection Services: Systematic Review and Meta-analysis. Trauma, violence & abuse, 24(2), 1032–1046.  https://doi.org/10.1177/15248380211048444

Des études de cohorte fondées sur des données administratives appariées montrent que le placement d’un enfant par les services de protection est associé à une dégradation majeure de la santé mentale maternelle — plus marquée que lors du décès d’un enfant — ainsi qu’à un excès de risque suicidaire et de mortalité, difficilement explicable par les seuls facteurs familiaux partagés.

Ces résultats s’inscrivent dans une dynamique de deuil complexe et de marginalisation structurelle, où des parents, stigmatisés et invisibilisés dans les politiques publiques, restent insuffisamment soutenus, ce qui souligne l’urgence de développer des interventions spécifiques et préventives.

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