top of page

Mortalité évitable chez les parents dont les enfants ont été placés en Suède : une étude en population

  • Apr 19
  • 2 min read

Elizabeth Wall-Wieler, Bo Vinnerljung, Can Liu, Leslie L. Roos, Anders Hjern



Résumé

Contexte

La séparation d’avec son enfant peut avoir des conséquences importantes sur la santé et le bien-être des parents. Nous avons cherché à déterminer si les parents dont les enfants avaient été placés présentaient des taux plus élevés de mortalité évitable.


Méthodes

Les données proviennent des registres nationaux suédois. Les taux de mortalité parmi les parents dont les enfants ont été placés entre 1990 et 2012 (17 503 mères et 18 298 pères) ont été comparés à ceux d’une cohorte appariée selon un ratio de 1:5 de parents dont les enfants n’avaient pas été placés. Nous avons calculé les différences de taux ainsi que les rapports de risque (HR) pour la mortalité toutes causes confondues et pour la mortalité évitable.


Résultats

Chez les mères, les décès dus à des causes prévenables étaient 3,09 fois plus élevés (IC à 95 % : 2,24 à 4,26) et les décès dus à des causes évitables par les soins étaient 3,04 fois plus élevés (IC à 95 % : 2,03 à 4,57) chez celles dont les enfants avaient été placés.Chez les pères, les décès dus à des causes prévenables étaient 1,64 fois plus élevés (IC à 95 % : 1,32 à 2,02) et les décès dus à des causes évitables par les soins étaient 1,84 fois plus élevés (IC à 95 % : 1,33 à 2,55) chez ceux dont les enfants avaient été placés.Les taux de mortalité évitable étaient plus élevés chez les mères dont les enfants étaient jeunes au moment du placement, ainsi que chez les parents dont tous les enfants avaient été placés.


Conclusions

Les parents ayant connu le placement d’un enfant hors du foyer présentent un risque plus élevé de mortalité évitable. Les interventions ciblant les mères dont un enfant de moins de 13 ans a été placé, ainsi que les parents dont tous les enfants ont été placés, pourraient avoir l’impact le plus important pour réduire la mortalité évitable dans cette population.



CITER

Wall-Wieler, E., Vinnerljung, B., Liu, C., Roos, L. L., & Hjern, A. (2018c). Avoidable mortality among parents whose children were placed in care in Sweden: A population-based study. Journal of Epidemiology and Community Health, 72(12), 1091–1098. https://doi.org/10.1136/jech-2018-210672


 

KEY FINDINGS

La perte de la garde d’un enfant au profit des services de protection de l’enfance est associée à une santé mentale maternelle significativement plus dégradée que celle observée après le décès d’un enfant (Wall-Wieler, 2018).

​​

Le placement hors du domicile a aggravé l’état de santé des enfants ainsi que leurs trajectoires dans le système judiciaire (Brownell et al., 2024).

Le placement hors du domicile durant l’enfance est associé à un doublement du risque de maladie coronarienne et d’accident vasculaire cérébral entre 18 et 48 ans (Hjern et al., 2024).

Les mères dont un enfant a été placé par les services de protection de l’enfance présentent des taux de mortalité plus élevés que ceux observés chez leurs sœurs biologiques n’ayant pas connu un tel placement (Wall-Wieler et al. 2018).

Les résultats d’analyses de régression multiniveaux portant sur un large éventail d’indicateurs scolaires, sociaux et sanitaires à l’âge adulte — regroupés en seize catégories de résultats — concordent avec plusieurs études antérieures : le placement familial traditionnel de longue durée ne semble pas améliorer les perspectives de vie des enfants ayant subi des maltraitances (Brännström, Vinnerljung, and Hjern, 2020)

Chez les enfants ayant vécu en institution, les études rapportent notamment des volumes réduits de substance grise et blanche, une altération de l’intégrité de la substance blanche, ainsi que des différences dans l’activité électrique cérébrale et dans les circuits impliqués dans le traitement des émotions et de la menace (Oliveira, 2024).

Les femmes devenues mères pour la première fois et impliquées dans une procédure de protection de l’enfance présentaient, au cours des dix années suivantes, un risque de décès 21 fois supérieur à celui des mères du même âge non concernées (Ireland et al., 2026).

Suivez l'actualité OSSIPE

  • Facebook
  • LinkedIn
bottom of page