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MORTALITÉ CHEZ LES MÈRES DONT LES ENFANTS ONT ÉTÉ PLACÉS PAR LES SERVICES DE PROTECTION DE L’ENFANCE : UNE ANALYSE DE FRATRIES DISCORDANTES

  • Mar 21
  • 2 min read

Elizabeth Wall-Wieler,

Leslie L Roos,

Nathan C Nickel,

Dan Chateau,

Marni Brownell


Résumé

Cette étude examine si les mères dont un enfant a été placé par les services de protection de l’enfance présentent des taux de mortalité plus élevés que ceux observés chez leurs sœurs biologiques n’ayant pas connu un tel placement. Nous avons mené une étude de cohorte rétrospective à partir de données administratives appariables portant sur 3 948 mères dont l’aîné est né au Manitoba, Canada, entre le 1er avril 1992 et le 31 mars 2015. Ces mères provenaient de 1 974 familles dans lesquelles une sœur avait eu un enfant placé et une autre non. Nous avons calculé les différences de taux et les rapports de risque (hazard ratios) pour la mortalité toutes causes confondues, évitable et non évitable.


On observe 24 décès supplémentaires pour 10 000 personnes-années chez les mères ayant eu un enfant placé. Ces mères présentent des taux de mortalité plus élevés dus à des causes évitables (rapport de risque = 3,46 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,41–8,48) ainsi qu’à des causes non évitables (rapport de risque = 2,92 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,01–8,44). Le nombre d’enfants placés n’influence pas les taux de mortalité chez les mères ayant au moins un enfant placé.


Ces taux de mortalité plus élevés — en particulier la mortalité évitable — chez les mères concernées indiquent la nécessité de mettre en place des interventions plus spécifiques à leur intention.



LIEN


CITER

Elizabeth Wall-Wieler, Leslie L Roos, Nathan C Nickel, Dan Chateau, Marni Brownell, Mortality Among Mothers Whose Children Were Taken Into Care by Child Protection Services: A Discordant Sibling Analysis, American Journal of Epidemiology, Volume 187, Issue 6, June 2018, Pages 1182–1188, https://doi.org/10.1093/aje/kwy062

Comments


 

KEY FINDINGS

La perte de la garde d’un enfant au profit des services de protection de l’enfance est associée à une santé mentale maternelle significativement plus dégradée que celle observée après le décès d’un enfant (Wall-Wieler, 2018).

​​

Le placement hors du domicile a aggravé l’état de santé des enfants ainsi que leurs trajectoires dans le système judiciaire (Brownell et al., 2024).

Le placement hors du domicile durant l’enfance est associé à un doublement du risque de maladie coronarienne et d’accident vasculaire cérébral entre 18 et 48 ans (Hjern et al., 2024).

Les mères dont un enfant a été placé par les services de protection de l’enfance présentent des taux de mortalité plus élevés que ceux observés chez leurs sœurs biologiques n’ayant pas connu un tel placement (Wall-Wieler et al. 2018).

Les résultats d’analyses de régression multiniveaux portant sur un large éventail d’indicateurs scolaires, sociaux et sanitaires à l’âge adulte — regroupés en seize catégories de résultats — concordent avec plusieurs études antérieures : le placement familial traditionnel de longue durée ne semble pas améliorer les perspectives de vie des enfants ayant subi des maltraitances (Brännström, Vinnerljung, and Hjern, 2020)

Chez les enfants ayant vécu en institution, les études rapportent notamment des volumes réduits de substance grise et blanche, une altération de l’intégrité de la substance blanche, ainsi que des différences dans l’activité électrique cérébrale et dans les circuits impliqués dans le traitement des émotions et de la menace (Oliveira, 2024).

Les femmes devenues mères pour la première fois et impliquées dans une procédure de protection de l’enfance présentaient, au cours des dix années suivantes, un risque de décès 21 fois supérieur à celui des mères du même âge non concernées (Ireland et al., 2026).

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