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Santé maternelle et trajectoires sociales après le placement d’un enfant : étude de cohorte longitudinale en population générale fondée sur des données administratives appariées.

  • Mar 22
  • 2 min read

Résumé

Contexte : Nous avons examiné si les mères présentent des modifications de leur état de santé et de leur situation sociale après le placement de leur enfant par les services de protection de l’enfance, puis comparé ces résultats à ceux observés chez des mères dont les enfants n’ont pas été placés.


Méthodes : La cohorte comprend des mères dont le premier enfant est né au Manitoba entre le 1er avril 1998 et le 31 mars 2011. Les mères dont les enfants ont été placés après l’âge de 2 ans (n = 1 591) ont été comparées à un groupe apparié de femmes dont les enfants n’ont pas été placés (n = 1 591).


Résultats : Les taux de diagnostics de troubles mentaux, de recours aux traitements et de facteurs sociaux étaient significativement plus élevés chez les mères dont les enfants ont été placés, tant dans les deux années précédant que dans les deux années suivant la date index. Ces taux relatifs ajustés (ARR) augmentaient significativement pour l’anxiété (avant ARR = 2,71 ; après ARR = 3,55), les troubles liés à l’usage de substances (3,77–5,95), les consultations médicales pour troubles mentaux (2,83–3,66), le nombre de prescriptions (psychotropes : 4,35–5,86 ; global : 2,34–2,94), le nombre de prescriptions différentes (psychotropes : 2,70–3,27 ; global : 1,62–1,70), la mobilité résidentielle (1,40–1,63) et le recours à l’aide sociale (2,07–2,30).


Conclusion : L’état de santé et la situation sociale des mères impliquées dans les services de protection de l’enfance se détériorent après le placement de leur enfant. Les mères bénéficieraient de soutiens durant cette période afin d’éviter que les conséquences de cette perte ne constituent un obstacle supplémentaire à la réunification.


Keywords: cohort studies; health inequalities; maternal health; mental health.



CITER

Wall-Wieler, E., Roos, L. L., Bolton, J., Brownell, M., Nickel, N. C., & Chateau, D. (2017). Maternal health and social outcomes after having a child taken into care: population-based longitudinal cohort study using linkable administrative data. Journal of epidemiology and community health, 71(12), 1145–1151. https://doi.org/10.1136/jech-2017-209542


Comments


 

KEY FINDINGS

La perte de la garde d’un enfant au profit des services de protection de l’enfance est associée à une santé mentale maternelle significativement plus dégradée que celle observée après le décès d’un enfant (Wall-Wieler, 2018).

​​

Le placement hors du domicile a aggravé l’état de santé des enfants ainsi que leurs trajectoires dans le système judiciaire (Brownell et al., 2024).

Le placement hors du domicile durant l’enfance est associé à un doublement du risque de maladie coronarienne et d’accident vasculaire cérébral entre 18 et 48 ans (Hjern et al., 2024).

Les mères dont un enfant a été placé par les services de protection de l’enfance présentent des taux de mortalité plus élevés que ceux observés chez leurs sœurs biologiques n’ayant pas connu un tel placement (Wall-Wieler et al. 2018).

Les résultats d’analyses de régression multiniveaux portant sur un large éventail d’indicateurs scolaires, sociaux et sanitaires à l’âge adulte — regroupés en seize catégories de résultats — concordent avec plusieurs études antérieures : le placement familial traditionnel de longue durée ne semble pas améliorer les perspectives de vie des enfants ayant subi des maltraitances (Brännström, Vinnerljung, and Hjern, 2020)

Chez les enfants ayant vécu en institution, les études rapportent notamment des volumes réduits de substance grise et blanche, une altération de l’intégrité de la substance blanche, ainsi que des différences dans l’activité électrique cérébrale et dans les circuits impliqués dans le traitement des émotions et de la menace (Oliveira, 2024).

Les femmes devenues mères pour la première fois et impliquées dans une procédure de protection de l’enfance présentaient, au cours des dix années suivantes, un risque de décès 21 fois supérieur à celui des mères du même âge non concernées (Ireland et al., 2026).

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