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Mesurer la polyvictimisation autodéclarée dans les recherches sur les jeunes placés en famille d’accueil : une revue systématique.

  • Jul 17
  • 2 min read

Alysse M. Loomis, Megan Feely, Stephanie Kennedy



Les jeunes qui sont ou ont été placés présentent un risque accru de connaître des difficultés au début de l’âge adulte. Alors que l’importance et la complexité des expériences de victimisation — notamment leur nature, le moment où elles surviennent et l’identité de leurs auteurs — sont de mieux en mieux comprises, on ignore encore si, et dans quelle mesure, les recherches consacrées aux jeunes placés évaluent la polyvictimisation. De nombreuses formes de victimisation, telles que l’exposition à la violence dans l’environnement social, sont sous-déclarées ou absentes des données administratives habituellement utilisées dans ces recherches. Les déclarations des jeunes eux-mêmes sont donc nécessaires pour évaluer la polyvictimisation de manière suffisamment complète. Bien que celle-ci accroisse le risque de conséquences défavorables, elle reste peu mesurée chez les jeunes placés. Cette lacune s’explique probablement, au moins en partie, par le recours fréquent aux dossiers administratifs pour évaluer la maltraitance, alors que ceux-ci ne rendent pas compte de l’ensemble des expériences de victimisation.


La quasi-totalité des études retenues (n = 16) mesurait, à partir des déclarations des jeunes, plusieurs formes de victimisation. Les plus fréquemment étudiées étaient les violences sexuelles (n = 15), les violences physiques (n = 14) et la négligence physique (n = 11). La moitié des études (n = 9) évaluait au moins une expérience de victimisation ne relevant pas directement de la maltraitance, comme l’exposition à la violence dans l’environnement social ou les violences dans les relations amoureuses. En revanche, les études examinaient rarement d’autres dimensions importantes, notamment le moment où les violences avaient été subies — avant ou pendant le placement — alors que les recherches montrent que cette temporalité peut influer sur leurs conséquences.


Il s’agit de la première revue systématique consacrée à la mesure de la polyvictimisation autodéclarée dans les recherches portant sur des jeunes actuellement ou anciennement placés. Compte tenu du caractère encore incomplet de cette évaluation, les résultats plaident fortement en faveur de la création ou de l’adaptation d’outils spécifiquement destinés à ces jeunes. Ces outils devraient intégrer des dimensions propres à la protection de l’enfance, notamment le moment où les expériences de victimisation surviennent et l’identité de leurs auteurs.


CITER

Loomis, A. M., Feely, M., & Kennedy, S. (2020). Measuring self-reported polyvictimization in foster youth research: A systematic review. Child Abuse & Neglect, 107, Article 104588. doi:10.1016/j.chiabu.2020.104588.


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KEY FINDINGS

La perte de la garde d’un enfant au profit des services de protection de l’enfance est associée à une santé mentale maternelle significativement plus dégradée que celle observée après le décès d’un enfant (Wall-Wieler, 2018).

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Le placement hors du domicile a aggravé l’état de santé des enfants ainsi que leurs trajectoires dans le système judiciaire (Brownell et al., 2024).

Le placement hors du domicile durant l’enfance est associé à un doublement du risque de maladie coronarienne et d’accident vasculaire cérébral entre 18 et 48 ans (Hjern et al., 2024).

Les mères dont un enfant a été placé par les services de protection de l’enfance présentent des taux de mortalité plus élevés que ceux observés chez leurs sœurs biologiques n’ayant pas connu un tel placement (Wall-Wieler et al. 2018).

Les résultats d’analyses de régression multiniveaux portant sur un large éventail d’indicateurs scolaires, sociaux et sanitaires à l’âge adulte — regroupés en seize catégories de résultats — concordent avec plusieurs études antérieures : le placement familial traditionnel de longue durée ne semble pas améliorer les perspectives de vie des enfants ayant subi des maltraitances (Brännström, Vinnerljung, and Hjern, 2020)

Chez les enfants ayant vécu en institution, les études rapportent notamment des volumes réduits de substance grise et blanche, une altération de l’intégrité de la substance blanche, ainsi que des différences dans l’activité électrique cérébrale et dans les circuits impliqués dans le traitement des émotions et de la menace (Oliveira, 2024).

Les femmes devenues mères pour la première fois et impliquées dans une procédure de protection de l’enfance présentaient, au cours des dix années suivantes, un risque de décès 21 fois supérieur à celui des mères du même âge non concernées (Ireland et al., 2026).

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