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  • Mortalité à dix ans chez les femmes devenues mères pour la première fois et impliquées dans une procédure judiciaire de protection de l’enfance en Angleterre : étude de cohorte fondée sur le couplage

    Georgina Ireland Bianca De Stavola Ruth Gilbert Matthew A Jay Résumé Contexte Les procédures judiciaires de protection de l’enfance visent à retirer de la garde parentale les enfants exposés à un risque de préjudice. On dispose toutefois de peu de données sur la santé des mères concernées par ces procédures. Nous avons évalué la mortalité maternelle et les causes de décès au cours des dix années suivant une première naissance, en comparant les femmes devenues mères pour la première fois selon qu’elles avaient ou non été impliquées dans une procédure de protection. Méthodes À partir de données administratives couplées provenant des hôpitaux et des tribunaux de la famille, nous avons suivi pendant une durée maximale de dix ans une cohorte couvrant l’ensemble des femmes devenues mères pour la première fois entre 2007 et 2017. Nous avons calculé les taux de mortalité des mères avec et sans procédure de protection. Nous avons également examiné la proportion de décès potentiellement évitables — suicide, homicide, consommation de drogues ou d’alcool, traumatismes — et identifié les facteurs associés au décès après l’ouverture d’une procédure. Résultats Parmi les 2 775 835 femmes devenues mères pour la première fois, représentant 21 856 503 personnes-années de suivi, 28 405 (1,0 %) ont été concernées par une procédure de protection. Après cette procédure, 314 d’entre elles (1,1 %) sont décédées, contre 5 103 (0,2 %) parmi les mères non concernées. Le rapport de mortalité standardisé sur l’âge était de 21,0 (IC à 95 % : 14,3–27,7). Il était le plus faible chez les mères âgées de moins de 20 ans lors de leur première naissance (4,5 ; IC à 95 % : 3,5–5,9) et le plus élevé chez celles âgées de 30 à 34 ans (28,3 ; IC à 95 % : 21,3–37,5). Parmi les mères décédées après une procédure, 73 % des décès étaient potentiellement évitables, contre 28 % parmi celles n’ayant pas fait l’objet d’une procédure. Les facteurs associés au décès comprenaient un âge maternel plus avancé au moment de la procédure, la présence de problèmes de santé et les décisions judiciaires relatives au retrait de l’enfant. Conclusion Les femmes devenues mères pour la première fois et impliquées dans une procédure de protection de l’enfance présentaient, au cours des dix années suivantes, un risque de décès 21 fois supérieur à celui des mères du même âge non concernées. Les services de santé, les services sociaux et les tribunaux de la famille doivent prendre en charge l’extrême vulnérabilité sanitaire de ces mères avant, pendant et après la procédure. CITER Ireland, G., De Stavola, B., Gilbert, R., & Jay, M. A. (2026). 10-year mortality among first-time mothers involved in family court care proceedings in England: Cohort study using linked administrative hospital, mortality and family court records. Journal of Epidemiology & Community Health. Advance online publication. https://doi.org/10.1136/jech-2026-225930

  • Conséquences à l’âge adulte après un placement familial de longue durée : une approche fondée sur la comparaison entre frères et sœurs.

    Lars Brännström, Bo Vinnerljung, and Anders Hjern Lorsqu’un enfant est retiré de son foyer et placé en famille d’accueil, la société assume la responsabilité de son bien-être et de son développement. Ne pas lui offrir un environnement éducatif sécurisant et favorable peut entraîner des conséquences négatives, tant pour lui-même que pour la société. À partir des données longitudinales des registres suédois portant sur une cohorte nationale de fratries — dont certains enfants ont été placés en famille d’accueil tandis que d’autres sont restés auprès de leurs parents biologiques —, cette étude examine si le placement familial de longue durée améliore les perspectives de vie. Les résultats d’analyses de régression multiniveaux portant sur un large éventail d’indicateurs scolaires, sociaux et sanitaires à l’âge adulte — regroupés en seize catégories de résultats — concordent avec plusieurs études antérieures : le placement familial traditionnel de longue durée ne semble pas améliorer les perspectives de vie des enfants ayant subi des maltraitances. CITER Brännström, L., Vinnerljung, B., & Hjern, A. (2020). Outcomes in adulthood after long-term foster care: A sibling approach. Child Maltreatment, 25(4), 383–392. https://doi.org/10.1177/1077559519898755

  • L’impact du placement hors du milieu familial sur le développement cérébral : une brève revue des données neuroscientifiques éclairant notre compréhension des profils d’attachement chez l’enfant

    Paula S. Oliveira Les chercheurs qui s’intéressent aux effets des expériences précoces d’adversité dans les soins reçus ont eu recours aux méthodes neuroscientifiques afin de déterminer si, et de quelle manière, ces influences environnementales affectent le développement cérébral, ainsi que le rôle éventuel de ces effets dans les difficultés socioémotionnelles observées au sein de cette population. Les données établissent de manière convaincante les effets négatifs sur le développement neurologique individuel d’une exposition à des environnements défavorables ou délétères, tels que le placement en institution ou la maltraitance. Les recherches en neuro-imagerie portant spécifiquement sur le traitement de stimuli socioémotionnels liés à l’attachement et sur les profils d’attachement des enfants pris en charge sont plus rares, mais leurs résultats sont globalement convergents. Cette revue commence par synthétiser les principales altérations structurelles et fonctionnelles générales du cerveau associées à la privation de soins. Elle examine ensuite les données neuroscientifiques plus directement pertinentes pour comprendre les profils d’attachement de ces enfants, qu’il s’agisse d’études utilisant des stimuli sociaux ou mettant en relation leurs marqueurs neuronaux avec leurs profils d’attachement. Enfin, elle propose de brèves interprétations des résultats et relève les principales limites et lacunes de la littérature. CITER Oliveira, P. S. (2024). The impact of out-of-home care on brain development: A brief review of the neuroscientific evidence informing our understanding of children’s attachment outcomes. Frontiers in Behavioral Neuroscience, 18, 1332898. https://doi.org/10.3389/fnbeh.2024.1332898 LIRE l'intégralité de l'article: https://www.frontiersin.org/journals/behavioral-neuroscience/articles/10.3389/fnbeh.2024.1332898/full

  • Divergences entre les déclarations des différents informateurs concernant la maltraitance des enfants : une revue systématique

    Daryl T. Cooley and Yo Jackson Les sources susceptibles de renseigner sur les maltraitances subies par un enfant comprennent le jeune concerné, les personnes qui s’occupent de lui, les travailleurs sociaux et les dossiers institutionnels. Lorsque ces différentes sources sont comparées, elles divergent souvent quant à l’existence même d’une maltraitance. Ces divergences sont déterminantes, car la reconnaissance — ou la non-reconnaissance — d’une maltraitance peut avoir des conséquences importantes sur la sécurité de l’enfant, ses futurs lieux de vie et son orientation vers des soins ou des services adaptés. Cette étude propose une revue systématique de la littérature consacrée aux divergences entre les sources d’information sur la maltraitance infantile. Trois bases de données — PsycINFO, Web of Science et PubMed — ont été consultées, et treize articles répondaient aux critères d’inclusion. Les résultats montrent que les jeunes rapportent davantage de violences physiques, sexuelles et émotionnelles que n’en font apparaître les dossiers. À l’inverse, les dossiers mentionnent davantage de situations de négligence que les jeunes eux-mêmes. Les implications de ces résultats et les orientations pour les recherches futures sont discutées. https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/1077559520966387?fbclid=IwY2xjawTHYRBleHRuA2FlbQIxMQBzcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEesfP0tf6WSsT0AhsVAVJrzwBc_hlOMb58EXPNMA-gRgii3uTWoc9r1sQlKU0_aem_NWQRDVyDq-roe6z6I318Sg CITER Cooley, D. T., & Jackson, Y. (2022). Informant discrepancies in child maltreatment reporting: A systematic review. Child Maltreatment, 27(1), 126–145. doi:10.1177/1077559520966387

  • La prévalence des abus sexuels sur enfants dans les placements hors du domicile familial : comparaison entre les abus commis en institution et en famille d’accueil

    Saskia Euser, Lenneke R A Alink, Anne Tharner, Marinus H van Ijzendoorn, Marian J Bakermans-Kranenburg Nous avons étudié la prévalence, au cours de l’année 2010, des violences sexuelles sur enfants dans les établissements résidentiels et les familles d’accueil, puis nous l’avons comparée à celle observée dans la population générale. Deux méthodes ont été utilisées pour l’estimer. Premièrement, 264 professionnels travaillant en établissement ou en famille d’accueil, désignés comme informateurs sentinelles, ont signalé les violences sexuelles concernant les enfants dont ils s’occupaient (N = 6 281). Deuxièmement, 329 adolescents accueillis dans ces structures ont rapporté leurs propres expériences de violences sexuelles. Les professionnels et les adolescents ont été sélectionnés aléatoirement dans 82 structures néerlandaises d’accueil extrafamilial. D’après les déclarations des professionnels sentinelles, 3,5 enfants sur 1 000 avaient subi des violences sexuelles. En revanche, 58 adolescents sur 1 000 ont déclaré en avoir été victimes. Les deux sources indiquaient une prévalence plus élevée dans l’accueil extrafamilial que dans la population générale, avec les taux les plus importants dans les établissements résidentiels. En famille d’accueil, les taux ne différaient pas de ceux de la population générale. Selon nos résultats, les enfants et les adolescents accueillis en établissement résidentiel présentent un risque accru de violences sexuelles par rapport à ceux placés en famille d’accueil. Toutefois, l’accueil familial ne protège pas entièrement les enfants contre ces violences et sa qualité doit donc, elle aussi, être encore améliorée. CITER Euser S, Alink LR, Tharner A, van Ijzendoorn MH, Bakermans-Kranenburg MJ. The prevalence of child sexual abuse in out-of-home care: a comparison between abuse in residential and in foster care. Child Maltreat. 2013 Nov;18(4):221-31. doi: 10.1177/1077559513489848 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23671258/

  • Antécédents de maltraitance chez les jeunes arrivant au terme d’un placement : comparaison entre les signalements officiels ayant fait l’objet d’une enquête et les déclarations des jeunes

    Judy Havlicek, Mark E. Courtney Cette étude a comparé les signalements officiels de maltraitance ayant fait l’objet d’une enquête aux déclarations rétrospectives des jeunes concernant les maltraitances subies avant et pendant leur placement hors du milieu familial. L’échantillon était composé de jeunes placés dans l’Illinois ayant atteint l’âge de la majorité alors qu’ils étaient encore pris en charge. Les chercheurs ont croisé les données administratives et les déclarations de 474 jeunes interrogés une première fois entre 17 et 18 ans dans le cadre de la Midwest Evaluation of Adult Functioning of Former Foster Youth — appelée « étude Midwest » — ainsi que celles de 386 jeunes interrogés de nouveau à 19 ans. Les résultats montrent des différences importantes entre les rapports officiels et les déclarations des jeunes concernant les maltraitances survenues avant et pendant le placement. Cette étude permet de mieux comprendre les divergences entre les méthodes de mesure et contribue à évaluer l’ampleur des maltraitances subies par ce sous-groupe de jeunes quittant le système de placement à l’entrée dans l’âge adulte. Ses résultats ont des implications pour les politiques et les pratiques destinées à accompagner les jeunes vers l’autonomie au sein du système de protection de l’enfance. CITER Havlicek, J., & Courtney, M. E. (2016). Maltreatment histories of aging out foster youth: A comparison of official investigated reports and self-reports of maltreatment prior to and during out-of-home care. Child Abuse & Neglect, 52, 110–122. https://doi.org/10.1016/j.chiabu.2015.12.006

  • Mesurer la polyvictimisation autodéclarée dans les recherches sur les jeunes placés en famille d’accueil : une revue systématique.

    Alysse M. Loomis, Megan Feely, Stephanie Kennedy Les jeunes qui sont ou ont été placés présentent un risque accru de connaître des difficultés au début de l’âge adulte. Alors que l’importance et la complexité des expériences de victimisation — notamment leur nature, le moment où elles surviennent et l’identité de leurs auteurs — sont de mieux en mieux comprises, on ignore encore si, et dans quelle mesure, les recherches consacrées aux jeunes placés évaluent la polyvictimisation. De nombreuses formes de victimisation, telles que l’exposition à la violence dans l’environnement social, sont sous-déclarées ou absentes des données administratives habituellement utilisées dans ces recherches. Les déclarations des jeunes eux-mêmes sont donc nécessaires pour évaluer la polyvictimisation de manière suffisamment complète. Bien que celle-ci accroisse le risque de conséquences défavorables, elle reste peu mesurée chez les jeunes placés. Cette lacune s’explique probablement, au moins en partie, par le recours fréquent aux dossiers administratifs pour évaluer la maltraitance, alors que ceux-ci ne rendent pas compte de l’ensemble des expériences de victimisation. La quasi-totalité des études retenues (n = 16) mesurait, à partir des déclarations des jeunes, plusieurs formes de victimisation. Les plus fréquemment étudiées étaient les violences sexuelles (n = 15), les violences physiques (n = 14) et la négligence physique (n = 11). La moitié des études (n = 9) évaluait au moins une expérience de victimisation ne relevant pas directement de la maltraitance, comme l’exposition à la violence dans l’environnement social ou les violences dans les relations amoureuses. En revanche, les études examinaient rarement d’autres dimensions importantes, notamment le moment où les violences avaient été subies — avant ou pendant le placement — alors que les recherches montrent que cette temporalité peut influer sur leurs conséquences. Il s’agit de la première revue systématique consacrée à la mesure de la polyvictimisation autodéclarée dans les recherches portant sur des jeunes actuellement ou anciennement placés. Compte tenu du caractère encore incomplet de cette évaluation, les résultats plaident fortement en faveur de la création ou de l’adaptation d’outils spécifiquement destinés à ces jeunes. Ces outils devraient intégrer des dimensions propres à la protection de l’enfance, notamment le moment où les expériences de victimisation surviennent et l’identité de leurs auteurs. CITER Loomis, A. M., Feely, M., & Kennedy, S. (2020). Measuring self-reported polyvictimization in foster youth research: A systematic review. Child Abuse & Neglect, 107, Article 104588. doi:10.1016/j.chiabu.2020.104588. https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S014521342030243X?fbclid=IwY2xjawTHXURleHRuA2FlbQIxMQBzcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEedHbYrjG0aztE7IBUWzvGuFeDxX8k58tVKQvsFjaROMfoLYvOVmWIuBzMFzo_aem_SFQDNguDjbIhsnfZsJ1d3A&via%3Dihub

  • Mortalité évitable chez les parents dont les enfants ont été placés en Suède : une étude en population

    Elizabeth Wall-Wieler, Bo Vinnerljung, Can Liu, Leslie L. Roos, Anders Hjern Résumé Contexte La séparation d’avec son enfant peut avoir des conséquences importantes sur la santé et le bien-être des parents. Nous avons cherché à déterminer si les parents dont les enfants avaient été placés présentaient des taux plus élevés de mortalité évitable. Méthodes Les données proviennent des registres nationaux suédois. Les taux de mortalité parmi les parents dont les enfants ont été placés entre 1990 et 2012 (17 503 mères et 18 298 pères) ont été comparés à ceux d’une cohorte appariée selon un ratio de 1:5 de parents dont les enfants n’avaient pas été placés. Nous avons calculé les différences de taux ainsi que les rapports de risque (HR) pour la mortalité toutes causes confondues et pour la mortalité évitable. Résultats Chez les mères, les décès dus à des causes prévenables  étaient 3,09 fois plus élevés (IC à 95 % : 2,24 à 4,26) et les décès dus à des causes évitables par les soins  étaient 3,04 fois plus élevés (IC à 95 % : 2,03 à 4,57) chez celles dont les enfants avaient été placés.Chez les pères, les décès dus à des causes prévenables étaient 1,64 fois plus élevés (IC à 95 % : 1,32 à 2,02) et les décès dus à des causes évitables par les soins étaient 1,84 fois plus élevés (IC à 95 % : 1,33 à 2,55) chez ceux dont les enfants avaient été placés.Les taux de mortalité évitable étaient plus élevés chez les mères dont les enfants étaient jeunes au moment du placement, ainsi que chez les parents dont tous les enfants avaient été placés. Conclusions Les parents ayant connu le placement d’un enfant hors du foyer présentent un risque plus élevé de mortalité évitable. Les interventions ciblant les mères dont un enfant de moins de 13 ans a été placé, ainsi que les parents dont tous les enfants ont été placés, pourraient avoir l’impact le plus important pour réduire la mortalité évitable dans cette population. CITER Wall-Wieler, E., Vinnerljung, B., Liu, C., Roos, L. L., & Hjern, A. (2018c). Avoidable mortality among parents whose children were placed in care in Sweden: A population-based study. Journal of Epidemiology and Community Health, 72 (12), 1091–1098. https://doi.org/10.1136/jech-2018-210672

  • LES PÈRES FACE AU PLACEMENT DES ENFANTS : UN ANGLE MORT ÉPIDÉMIOLOGIQUE

    Liviu Poenaru, PhD Mars 2026 L’état des connaissances concernant les pères dans le champ de la protection de l’enfance demeure marqué par une asymétrie méthodologique profonde. Chez les mères, des études de cohorte robustes ont déjà objectivé des effets sévères du retrait d’un enfant sur la santé mentale et sur la mortalité. La perte de la garde d’un enfant au profit des services de protection de l’enfance a ainsi été associée à une santé mentale maternelle significativement plus dégradée que celle observée après le décès d’un enfant (Wall-Wieler et al., 2018a). Par ailleurs, les mères dont un enfant a été placé présentent des taux de mortalité plus élevés que ceux observés chez leurs sœurs biologiques n’ayant pas connu un tel placement (Wall-Wieler et al., 2018b). Et si les pères vivaient des effets similaires, mais passaient sous les radars en raison même de leur invisibilisation dans les études ? La littérature les concernant existe, mais elle reste beaucoup plus fragmentaire, dispersée et méthodologiquement plus faible que celle consacrée aux mères. Il faut d’emblée préciser que la frontière entre placement, perte de garde et séparation involontaire parent-enfant peut être plus nette sur le plan administratif que sur le plan clinique. Pour les sujets concernés, ce qui ravage n’est pas seulement la qualification juridique de la mesure, mais la séparation elle-même : rupture du lien, impossibilité de maintenir un contact naturel, spontané et continu avec l’enfant, et désorganisation durable de la relation parent-enfant (Broadhurst & Mason, 2017 ; Burrow et al., 2024). Les données les plus robustes concernent aujourd’hui le placement et les procédures publiques de protection. Toutefois, sur le plan clinique, d’autres configurations de séparation imposée — notamment lorsque le droit de visite devient résiduel ou que la garde exclusive aboutit à une privation substantielle du lien — peuvent relever de mécanismes analogues de rupture pathogène, sans que cette extension dispose encore d’une documentation épidémiologique comparable. Sur le plan institutionnel, les pères sont structurellement moins intégrés dans les dispositifs de protection de l’enfance : moins identifiés, moins sollicités et moins impliqués dans les décisions (Bellamy, 2009 ; Maxwell et al., 2012 ; Brandon et al., 2019). Cette marginalisation produit aussi un effet de connaissance : moins les pères sont repérés et suivis, moins ils apparaissent dans les données, et plus leur invisibilisation scientifique se renforce. Les travaux empiriques disponibles sur les pères suggèrent pourtant que leur souffrance est loin d’être négligeable. Baum et Negbi (2013), à partir d’entretiens approfondis avec quinze pères, montrent que le retrait judiciaire de l’enfant peut être vécu comme un événement traumatique qui dévalue radicalement le sujet et atteint le cœur même de son identité paternelle. Philip et al. (2024), dans le contexte des procédures répétées, décrivent quant à eux des expériences de deuil, de honte, de perte et d’effondrement émotionnel chez des pères confrontés à des retraits successifs. Lee et al. (2018) montrent aussi que les pères non résidentiels d’enfants placés présentent des trajectoires hétérogènes, mais que leur implication dépend fortement des modalités d’identification et d’engagement par les services. Autrement dit, les trajectoires paternelles ne sont pas seulement le produit de dispositions individuelles ; elles sont aussi co-produites par des dispositifs qui les reconnaissent peu et les mobilisent mal. Il faut toutefois corriger une simplification possible : dire que rien n’existe sur les pères serait faux. Ce qui manque, plus précisément, c’est un corpus aussi dense et aussi ciblé sur les pères que celui qui existe déjà pour certaines cohortes maternelles. Une étude populationnelle suédoise sur les parents dont les enfants ont été placés montre néanmoins déjà que les pères concernés présentent eux aussi une mortalité évitable plus élevée que les pères dont les enfants n’ont pas été placés (Wall-Wieler et al., 2018c). Il existe par ailleurs des études sur les parents au sens large, et elles sont importantes précisément parce qu’elles permettent de sortir d’une opposition trop rigide entre mères documentées et pères invisibles. Broadhurst et Mason (2017) ont proposé un cadre des conséquences collatérales du retrait judiciaire d’enfant, montrant que ce type de mesure ne produit pas seulement une perte affective, mais aussi des effets de stigmatisation, d’exclusion sociale et de disqualification durable. De leur côté, Grant et al. (2023), dans une revue de portée sur la santé des parents impliqués dans les procédures publiques de protection, concluent que les parents présentent souvent des besoins complexes de santé et de soutien social antérieurs aux procédures, mais que les études disponibles suggèrent aussi une aggravation de ces problèmes après le retrait de l’enfant, avec détérioration de la santé mentale et mortalité évitable. Le problème n’est donc pas seulement que les pères soient moins étudiés ; c’est aussi que les effets systémiques de la séparation soient encore trop souvent sous-théorisés. Dans ma propre pratique clinique et dans mes engagements politiques, j’ai rencontré de nombreux pères souffrant de problématiques qui recoupent fortement ce que la littérature commence à laisser apparaître. J’ai constaté de manière répétée la non-reconnaissance de la fracture générée par la séparation involontaire parent-enfant dans le cadre des expertises psychiatriques et des décisions administratives et judiciaires. J’ai également observé des trajectoires de précarisation sociale et professionnelle, d’endettement, de marginalisation, de désaffiliation, ainsi qu’une fragilisation massive des mécanismes psychologiques, allant jusqu’à la récurrence d’idées suicidaires et à l’émergence de scénarios de violence. Ce matériau ne constitue évidemment pas une preuve épidémiologique. Mais il révèle une réalité clinique et politique encore largement sous-estimée, sous-théorisée et trop souvent psychologisée à tort, comme si elle relevait d’une simple défaillance individuelle, alors que la séparation imposée produit en elle-même une fracture massive que les expertises et les acteurs de la protection continuent largement de méconnaître. La revue systématique de Burrow et al. (2024) apporte ici un éclairage particulièrement important, car elle montre que, malgré la diversité des contextes nationaux, les expériences parentales face aux procédures périnatales de protection de l’enfance présentent une forte cohérence structurelle. Au niveau individuel, les parents décrivent l’amour, l’espoir, la confusion, la peur, la capacité d’agir et l’angoisse. Au niveau relationnel, ils évoquent la rupture du lien parent-bébé, le manque de soutien personnel et professionnel, ainsi que l’impact du trauma et de la confiance dans les relations avec les professionnels. Dans leurs interactions avec les institutions, ils rapportent une surveillance omniprésente, des procédures vécues comme préjudiciables, une communication insuffisante et d’importants déséquilibres de pouvoir. Enfin, aux niveaux politique et sociétal, leurs expériences mettent en évidence le poids de normes dominantes, l’augmentation de la pauvreté et du sans-abrisme, l’atteinte aux droits et l’existence de politiques marquées par des biais. Cette revue ne fournit pas une épidémiologie spécifique des pères, mais elle confirme que la souffrance parentale dans ces contextes ne peut pas être réduite à des variables individuelles isolées. Elle laisse plutôt apparaître une co-construction de pathologies individuelles et institutionnelles : la fracture produite par la rupture est peu ou pas reconnue, tandis que ses effets sont presque toujours relus comme l’expression d’une pathologie parentale antérieure, et rarement comme le produit d’un fonctionnement institutionnel lui-même pathogène. Dans cette perspective, demander si les pères souffrent ou non du placement revient déjà à mal poser le problème. La question n’est pas celle d’une absence de souffrance, mais celle de son invisibilisation méthodologique, clinique et théorique. Les données disponibles indiquent déjà que les pères peuvent être affectés par des processus de désorganisation psychique, de disqualification relationnelle et de dégradation sociale, bien que les dispositifs de connaissance demeurent très en retrait par rapport à ceux consacrés aux mères. Il devient donc nécessaire de constituer cette invisibilisation en problème scientifique à part entière, à travers des recherches cliniques, sociales et épidémiologiques capables d’intégrer les pères sans effacer les différences de trajectoires, de positions institutionnelles et de rapports au lien. Tant que cela n’est pas fait, l’angle mort continuera d’alimenter les formes ordinaires de banalisation institutionnelle de la séparation involontaire parent-enfant. Références Baum, N., & Negbi, I. (2013). Children removed from home by court order: Fathers’ disenfranchised grief and reclamation of paternal functions. Children and Youth Services Review, 35 (10), 1679–1686. https://doi.org/10.1016/j.childyouth.2013.07.003 Bellamy, J. L. (2009). A national study of male involvement among families in contact with the child welfare system. Child Maltreatment, 14 (3), 255–262. https://doi.org/10.1177/1077559508326288 Brandon, M., Philip, G., & Clifton, J. (2019). Men as fathers in child protection. Australian Social Work, 72 (4), 447–460. https://doi.org/10.1080/0312407X.2019.1627469 Broadhurst, K., & Mason, C. (2017). Birth parents and the collateral consequences of court-ordered child removal: Towards a comprehensive framework. International Journal of Law, Policy and the Family, 31 (1), 41–59. https://doi.org/10.1093/lawfam/ebw013 Burrow, S., Wood, L., Fisher, C., Usher, R., Gayde, R., & O’Donnell, M. (2024). Parents’ experiences of perinatal child protection processes: A systematic review and thematic synthesis informed by a socio-ecological approach. Children and Youth Services Review, 166 , 107960. https://doi.org/10.1016/j.childyouth.2024.107960 Grant, C., Radley, J., Philip, G., Lacey, R., Blackburn, R., Powell, C., & Woodman, J. (2023). Parental health in the context of public family care proceedings: A scoping review of evidence and interventions. Child Abuse & Neglect, 140 , 106160. https://doi.org/10.1016/j.chiabu.2023.106160 Lee, Y., Fagan, J. S., & Icard, L. D. (2018). Nonresidential fathers with children in foster care: A descriptive study in the United States. Child & Family Social Work, 23 (1), 146–154. https://doi.org/10.1111/cfs.12393 Maxwell, N., Scourfield, J., Featherstone, B., Holland, S., & Tolman, R. (2012). Engaging fathers in child welfare services: A narrative review of recent research evidence. Child & Family Social Work, 17 (2), 160–169. https://doi.org/10.1111/j.1365-2206.2012.00827.x Philip, G., Youansamouth, L., Broadhurst, K., Clifton, J., Bedston, S., Hu, Y., & Brandon, M. (2024). ‘When they were taken it is like grieving’: Understanding and responding to the emotional impact of repeat care proceedings on fathers. Child & Family Social Work, 29 (1), 185–194. https://doi.org/10.1111/cfs.13061 Wall-Wieler, E., Roos, L. L., Bolton, J., Brownell, M., Nickel, N., & Chateau, D. (2018a). Maternal mental health after custody loss and death of a child: A retrospective cohort study using linkable administrative data. The Canadian Journal of Psychiatry, 63 (5), 322–328. https://doi.org/10.1177/0706743717738494 Wall-Wieler, E., Roos, L. L., Nickel, N. C., Chateau, D., & Brownell, M. D. (2018b). Mortality among mothers whose children were taken into care by child protection services: A discordant sibling analysis. American Journal of Epidemiology, 187 (6), 1182–1188. https://doi.org/10.1093/aje/kwy062 Wall-Wieler, E., Vinnerljung, B., Liu, C., Roos, L. L., & Hjern, A. (2018c). Avoidable mortality among parents whose children were placed in care in Sweden: A population-based study. Journal of Epidemiology and Community Health, 72 (12), 1091–1098. https://doi.org/10.1136/jech-2018-210672

  • Le retrait d’un enfant comme porte d’entrée vers des adversités supplémentaires : récits de mères biologiques sur les conséquences collatérales immédiates et durables du retrait d’enfant

    Karen  Broadhurst , k.broadhurst@lancaster.ac.uk  and Claire Mason Déc. 2019 Résumé Cet article se concentre sur les conséquences immédiates et durables du retrait d’enfant, du point de vue des mères biologiques. Il s’appuie sur les travaux théoriques antérieurs des auteurs concernant les conséquences collatérales du retrait d’enfant et la vulnérabilité des femmes à des comparutions répétées devant les tribunaux familiaux. Les données proviennent d’entretiens qualitatifs approfondis menés auprès de 72 mères biologiques dans sept territoires administratifs locaux, et sont ici réexaminées afin de permettre une analyse ciblée des effets à court et à long terme du retrait d’enfant. L’analyse s’inspire de la phénoménologie, notamment de son intérêt pour les récits collectifs d’expérience et pour la production de généralisations modérées. Toutes les femmes participant à l’étude avaient connu des retraits répétés de leurs enfants par les tribunaux familiaux, ou étaient impliquées dans des procédures de protection de l’enfance concernant un enfant à naître après avoir déjà perdu un enfant. Les mères décrivent une crise psychosociale immédiate à la suite du retrait, mais aussi le caractère cumulatif et durable des difficultés rencontrées. À partir de leurs récits, les auteurs mettent en évidence l’ampleur du défi de reconstruction pour des femmes marquées par des trajectoires prolongées de désavantage social et disposant de statuts sociaux fragiles et limités. La perte de rôle et les conséquences d’exclusion liées au retrait d’enfant apparaissent particulièrement marquées, en raison de l’accès restreint des femmes aux ressources de protection. Une série claire de recommandations à destination des services est proposée dans la discussion finale. L’ampleur des difficultés rencontrées par ces femmes doit être reconnue par les dispositifs visant la reconstruction, afin de réduire le risque de procédures répétées devant les tribunaux familiaux. CITER Broadhurst, K., & Mason, C. (2020). Child removal as the gateway to further adversity: Birth mother accounts of the immediate and enduring collateral consequences of child removal. Qualitative Social Work , 19 (1), 15-37. https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/1473325019893412 FULL ARTICLE : https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/1473325019893412

  • RÉSULTATS À L’ÂGE ADULTE APRÈS UN PLACEMENT FAMILIAL À LONG TERME : UNE APPROCHE PAR FRATRIE

    Jan. 2020 Lars Brännström ;  lars.brannstrom@socarb.su.se ; Bo Vinnerljung ; Anders Hjern Résumé Lorsqu’un enfant est retiré de son domicile et placé en famille d’accueil, la société assume la responsabilité de son bien-être et de son développement. L’incapacité à offrir à cet enfant un environnement éducatif sécurisant et soutenant peut avoir des conséquences négatives, tant pour lui que pour la société. En s’appuyant sur des données longitudinales issues de registres nationaux en Suède, portant sur une cohorte nationale de fratries — dans lesquelles certains enfants ont été placés en famille d’accueil tandis que d’autres sont restés auprès de leurs parents biologiques — cette étude examine si le placement familial à long terme permet d’améliorer les chances de vie. Les résultats d’analyses de régression multiniveau, couvrant un large éventail d’indicateurs éducatifs, sociaux et de santé à l’âge adulte (16 dimensions), corroborent une série d’études antérieures montrant que le placement familial traditionnel à long terme ne semble pas améliorer les perspectives de vie des enfants maltraités. CITER Brännström, L., Vinnerljung, B., & Hjern, A. (2020). Outcomes in adulthood after long-term foster care: A sibling approach. Child Maltreatment, 25 (4), 383–395. https://doi.org/10.1177/1077559519898755

  • L’ASSOCIATION ENTRE LE RETRAIT D’ENFANT PAR LES SERVICES DE PROTECTION DE L’ENFANCE ET LA MORTALITÉ CHEZ LES MÈRES DES PREMIÈRES NATIONS ET NON ISSUES DES PREMIÈRES NATIONS AU CANADA

    Fév. 2026 Kathleen S Kenny, PhD ;   kathleen.kenny@umanitoba.ca ; Kayla Frank, BA ; Brittany Lavallee; Mary Burton ; Cheryle Dreaver, BA ; Marlyn Bennett, PhD ; Cathy Rocke, Ph D ; Marni Brownell, PhD; Gilles R Detillieu x; Marcia Anderson, M D; Marcelo L Urquia, PhD Résumé Contexte Des liens entre l’exposition maternelle au retrait d’un enfant par les services de protection de l’enfance et une augmentation de la mortalité ont été identifiés dans la population générale. Cependant, cette association n’a pas été examinée chez les mères des Premières Nations, qui sont de manière disproportionnée concernées par les interventions de ce système. Notre étude visait à quantifier la relation entre le retrait d’enfant et la mortalité chez les mères des Premières Nations et non issues des Premières Nations. Méthodes Dans cette analyse rétrospective, nous avons utilisé des cohortes en population totale, appariées et de fratries afin de comparer la mortalité chez les mères des Premières Nations et non issues des Premières Nations avec et sans retrait d’enfant par les services de protection de l’enfance entre le 1er avril 1998 et le 31 mars 2022 au Manitoba, Canada. Les mères des Premières Nations ont été identifiées à partir du First Nations Research File ; les mères non enregistrées ou s’identifiant comme Premières Nations, ainsi que les mères inuites, métisses et non autochtones, ont été classées comme non issues des Premières Nations. Nous avons exclu les mères ne résidant pas au Manitoba pendant les deux années précédant la naissance ou la première date de retrait de leur enfant le plus âgé. Dans la cohorte en population totale, nous avons comparé : les mères des Premières Nations avec retrait d’enfant, celles sans retrait, les mères non issues des Premières Nations avec retrait, et celles sans retrait. Dans la cohorte appariée, les mères avec retrait d’enfant ont été appariées (1:2) à des mères sans retrait selon le statut des Premières Nations, le degré d’urbanisation et l’âge maternel à la première naissance. Dans la cohorte de fratries, nous avons comparé des mères des Premières Nations ayant subi un retrait d’enfant avec une sœur (même mère biologique) n’ayant pas connu de retrait. Les données individuelles ont été extraites du dépôt de données de recherche populationnelle du Manitoba pour chaque contact avec les services de santé et sociaux. Nous avons estimé les taux absolus et les ratios de taux de mortalité toutes causes confondues, évitables et non évitables. Résultats La cohorte en population totale comprenait 16 211 mères des Premières Nations et 77 841 mères non issues des Premières Nations. La prévalence du retrait d’enfant était de 27,3 % (4 429/16 211) chez les mères des Premières Nations contre 4,3 % (3 353/77 841) chez les mères non issues des Premières Nations. Comparées aux mères non issues des Premières Nations non exposées, les taux de mortalité ajustés toutes causes confondues chez les mères ayant subi un retrait d’enfant étaient les plus élevés chez les mères des Premières Nations (64 décès pour 10 000 personnes-années [IC 95 % 57–72] ; différence de taux 51,65 pour 10 000 personnes-années [49,15–54,14] ; ratio de taux 5,20 [3,98–6,78]), suivies des mères non issues des Premières Nations (48 décès pour 10 000 personnes-années [40–56] ; 35,28 pour 10 000 personnes-années [32,81–37,74] ; 3,87 [2,90–5,15]). Ces associations persistaient dans les cohortes appariées et de fratries. Les causes évitables représentaient la majorité des décès, et dans la cohorte de fratries chez les mères des Premières Nations, le retrait d’enfant n’était associé qu’à la mortalité évitable. Interprétation Le retrait d’enfant est associé à des décès évitables chez les mères, avec un risque maximal observé chez les mères des Premières Nations. Ces résultats appellent à reconnaître l’ampleur potentielle des dommages sanitaires attribuables au retrait d’enfant et à accélérer la mise en œuvre d’interventions dirigées par les Premières Nations afin de soutenir et préserver les familles. Financement Instituts de recherche en santé du Canada Note Premières Nations = peuples autochtones du Canada (hors Inuit et Métis), mais dans cette étude : seulement celles qui sont officiellement enregistrées. CITE Kenny K, Frank K, Lavallee B et al. (2026). The association of child removal by child protective services and mortality among First Nations and non-First Nations mothers in Canada: a retrospective cohort study.  The Lancet Public Health , 2026; 11, e120-e128.  https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(25)00278-6/fulltext   FULL TEXT IN THE LANCET https://www.thelancet.com/action/showCitFormats?doi=10.1016%2FS2468-2667%2825%2900278-6&pii=S2468-2667%2825%2900278-6

 

KEY FINDINGS

La perte de la garde d’un enfant au profit des services de protection de l’enfance est associée à une santé mentale maternelle significativement plus dégradée que celle observée après le décès d’un enfant (Wall-Wieler, 2018).

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Le placement hors du domicile a aggravé l’état de santé des enfants ainsi que leurs trajectoires dans le système judiciaire (Brownell et al., 2024).

Le placement hors du domicile durant l’enfance est associé à un doublement du risque de maladie coronarienne et d’accident vasculaire cérébral entre 18 et 48 ans (Hjern et al., 2024).

Les mères dont un enfant a été placé par les services de protection de l’enfance présentent des taux de mortalité plus élevés que ceux observés chez leurs sœurs biologiques n’ayant pas connu un tel placement (Wall-Wieler et al. 2018).

Les résultats d’analyses de régression multiniveaux portant sur un large éventail d’indicateurs scolaires, sociaux et sanitaires à l’âge adulte — regroupés en seize catégories de résultats — concordent avec plusieurs études antérieures : le placement familial traditionnel de longue durée ne semble pas améliorer les perspectives de vie des enfants ayant subi des maltraitances (Brännström, Vinnerljung, and Hjern, 2020)

Chez les enfants ayant vécu en institution, les études rapportent notamment des volumes réduits de substance grise et blanche, une altération de l’intégrité de la substance blanche, ainsi que des différences dans l’activité électrique cérébrale et dans les circuits impliqués dans le traitement des émotions et de la menace (Oliveira, 2024).

Les femmes devenues mères pour la première fois et impliquées dans une procédure de protection de l’enfance présentaient, au cours des dix années suivantes, un risque de décès 21 fois supérieur à celui des mères du même âge non concernées (Ireland et al., 2026).

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